Renaud Vinet-Houle

Salut les p’tits loups! Ben content d’être de retour dans l’Transistruck. Aujourd’hui, Mon’onc’, on dirait que j’feel émotif. C’est peut-être parce qu’on est au FRIMAT, que j’ai fait mon seul et unique show de l’été hier, avec Antoine Corriveau, pis qu’on a reçu du gros fucking love.

Oui, j’ai comme envie de rendre un p’tit hommage, ben simple, à c’te belle gang
d’organisateurs de grands moments. Oui, la gang du FRIMAT, mais ça splash aussi tous ceux qui se démènent à faire rayonner un peu de culture en région.

Hier, j’arrive, milieu d’après-midi, un peu fuzzé de la route. Je débarque ici pour déloader l’stock. Tout de suite, l’équipe technique se présente. Tout l’monde arrête ce qu’ils faisaient pour te serrer à main, te dire leur nom, gros smile. « Bienvenue au FRIMAT les boys! ».

C’est une bénévole avec son bébé d’un mois collé sur elle qui nous fait la visite guidée des lieux. Y’a des bébés partout, ils font déjà partie de l’équipe, c’est magnifique. Les loges sont décorées sur mesure pour les artistes qu’elles accueillent. Dans la nôtre, y’avait des avions de papier, des dessins d’églises pis de shacks accrochés sur les murs pour représenter l’univers d’Antoine et le mien. Ça m’a touché. En plus, le fridge était ben plein de bières, de la 50, du kombucha, des ‘tites liqueurs. Y’avait de la bouffe partout, pis c’était bon. Drette en partant, ça clanche pas mal de gros festivals.

En même temps, on apprend que les boys de Mon Doux Saigneur sont pris dans l’parc. Leur van a lâché. Ça vient toute shaker l’organisation, la logistique, ce qui paraît pas en général. L’équipe technique a de la broue dans l’toupet, en plus de gérer tout’ les p’tits criss de bogues habituels, sans jamais perdre le contrôle, sans jamais perdre le smile.

« On fait tower l’truck, pis on déplace le show avant vous autres, c’tu cool? Vous jouerez un peu plus tard », nous dit l’organisation. C’tu cool? Mazen, de toute façon, notre show, plus c’est tard, mieux c’est, qu’on leur répond. Dans ces situations-là, y’a comme une magie qui kick-in. Comme si, tout d’un coup, l’grand barbu se range de notre bord. Phil Moreau fait son show, ensuite Mon Doux Saigneur, ça se passe en criss, pis on embarque, on donne tout ce
qu’on a parce qu’un, ça nous tente, pis deux, on veut que ça trippe. On l’fait pour Frank au son, pour Mélissa, pour Olivier, pour Corinne, pour Marie-Ève, pour Sue, parce que c’est tout ce qu’on peut faire pour leur dire merci.

Après l’show, je jase un peu avec Mélissa et Corinne qui lâchent jamais. Comme si c’était pas assez, Mél me book un bus Val-d’Or/Grand-Remous pour que j’puisse rester aujourd’hui pis faire ma p’tite chronique FM/R. Pis on jase de subventions. Personne se plaint, un m’ment d’né, on apprend à faire sans. Mais les filles me disent que c’est tuff, qu’à chaque fois y
sentent la pression des bailleurs de fonds, comme si c’était fragile, comme si y’avait
toujours une p’tite menace qui venait d’en haut. « Faut vraiment travailler fort pour garder
nos subs, qu’elles m’disent, pis à chaque fois, ça passe toujours sur la peau des fesses. »
Faque, monsieur/madame le/la fonctionnaire, agent de programme, responsable de l’octroi
des bourses, name it, avant de même penser à diminuer ou à couper le cash de ces festivals,
assis donc ton p’tit cul dans ton char cher, pis drive jusqu’icitte. Viens voir comment on se
débrouille avec les miettes que tu décides de donner. Viens jaser avec le monde, pour vrai.

Fais l’effort, soit cohérent avec le rôle que t’as accepté de jouer dans cette industrie qui, ici,
est ben plus de l’instinct de survie qu’un fichier EXCEL.

Francis Faubert
Auteur-compositeur-interprète

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