Samedi 3 août 2013, Val-d’Or, quartier Bourlamaque, je reçois un appel. C’est Yan. Y me jase du fait qu’il vient de voir la bande-annonce. On rit. Y me demande comment ça s’est passé au final le tournage. Mis à part une scène recommencée 1000 fois où j’devais transporter des caisses de glace à l’aide d’un « lift », j’lui dis que c’était vraiment bien, l’équipe était super professionnelle. Personne ne fait rien à moitié pour ce festival. Bon, j’dois raccrocher, on se donne rendez-vous chez lui pour l’avant-show.

L’avant-show, c’est tout ce dont Yan vous parlait dans sa chronique traitant des GBT (http://frimat.qc.ca/2019/manifeste-du-parti-gbt/). La bouffe, la bière et les ami(e)s, ou si j’peux dire, les soldats, parce qu’enchainer nuit de FRIMAT après nuit de FRIMAT, c’est un art, un art de la guerre. Guerre à la monotonie d’une ville que l’on accuse trop souvent d’être endormie. Guerre à cette morosité ressentie après trop de temps passé en dehors de l’Abitibi, sur ces champs de bataille de bruit que nous imposent les grands centres insomniaques. Bref, je roule à vélo rejoindre les troupes vers 16 h.

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Aux environs de 11 h à la Salle Félix-Leclerc, le show vient de finir. Le samedi, dernier soir du festival, l’ambiance est survoltée. Comme chaque soir, un autobus nous attend tous dehors pour nous transporter en ville voir le dernier show et fêter jusqu’aux p’tites heures du matin pour une dernière fois. Cette fois-ci, au moment de sortir dehors, Yan m’accoste. Y me demande de l’accompagner chercher quelque chose chez lui avant d’aller en ville. En plus, tant qu’à faire, on poursuivra l’«avant-show», question de ne pas se ruiner une fois au bar.

Une fois arrivés chez lui, il se trouve que « l’avant-show » s’éternise. Y doit approcher minuit. On ne veut surtout pas manquer Peter Peter qui joue bientôt. On finit nos consommations et dans un éclair de génie (non), on décide de s’y rendre en vélo. Au départ, la ride se passe bien. Dans cet état-là, la clé, c’est de rester concentré sur la route. Jusqu’à maintenant, j’me contente de suivre Yan. On arrive sur la 3e Avenue. On cherche une ruelle pour laisser nos bikes. Là, Yan décide d’entrer dans le stationnement du IGA. C’est à ce moment que tout s’écroule. Bah, en fait, c’est juste moi qui s’écroule. Dans une fraction de seconde d’inattention, je « twist » mon volant dans le beurre, et PAF!, j’atterris face première sur le sol. Si un instrument de cuisine devait être choisi pour décrire la chute, je crois que je dirais que c’est une râpe à fromage.

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30 Juin 2016. Montréal, fin d’après-midi, j’essaie de finir ce texte, du moins de me rappeler les évènements du récit que je tente de conter. C’est flou, mais chose sûre, y’a 3 ans, cette soirée-là s’est terminée beaucoup plus tôt que prévu. La mémoire s’efface assez rapidement, mais pas les cicatrices. Surtout celles dans ma face. Elles me rappellent assez souvent à quel point c’est une idée cave de prendre son bike quand t’es trop chaud, mais surtout, elles me rappellent que chaque année, y’a quelque chose d’incroyable qui se passe à Val-d’Or : le FRIMAT. Et qu’encore une fois l’an prochain, j’irai rejoindre mes amis sur le champ de bataille de ce festival.

Alec White

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